Le domaine de Cinquantie se compose de plusieurs jardins aux ambiances différentes qui font voyager dans le temps, l’histoire et la géographie du monde. Ce sont des jardins d’esthètes éclairés plutôt que de collectionneurs et savants botanistes.
La Terrasse andalouse
Elle évoque l’Andalousie par ses choix de plantes et ses parfums : trois mandariniers satsuma, un olivier, un albizia, un jasmin étoilé, et autres cordylines, palmier fougère cycas, fougère arborescente, brugmansia « trompette des anges», dentelaire du cap et galopante clématite Armand.
L’esplanade aux catalpas
L’esplanade aux catalpas offre la vue sur le jardin classique à la Française.
L’allée de la fontaine de vie bordée de rosiers tiges donne l’élan au grand axe médian avec perspective longue cher à André le Nôtre. Elle se prolonge par l’allée toscane rythmée par les cyprès de florence, les lauriers tins traités en topiaire et les agapanthes bleues.
Au haut de l’escalier de l’allée de la fontaine, les massifs aux lions de chaque côté présentent un fouillis organisé d’agapanthes, de cognassiers du Japon, sauges, céanothes, cannas, rosiers dont un André le Nôtre en hommage au grand jardinier du roi et un Jean de La fontaine célébrant le Grand Siècle.
Le Jardin de David
En revenant sur ses pas, au détour de la terrasse nord le Jardin de David ou Jardin Italien. Son nom vient de la copie de la célèbre statue de Michel Ange du Palazzo Vechio de Florence trônant au bout d’une allée bordée d’une collection d’hortensias, formant un camaïeu de rose. Elle s’ouvre par un vase Médicis débordant de joubarbes
Petit coup d’oeil du haut de l’escalier aux lavandes sur la campagne environnante. Les marches de pierre ont été apportées depuis le canal de la Seine, à Méry sur Seine (Aube). Elles étaient menacées d’enfouissement et sont rythmées par des lavandes hidcotes courant le long d’un talus aux bruyères d’hiver.
Le petit Parc anglais
Le parc paysager anglais s’entreprend en passant au détour d’un tulipier de Virginie, emblème de Marie Antoinette au petit Trianon. On découvre, après avoir contourné un araucaria, Désespoir des Singes, le seigneur des lieux : un séquoia sempervirens, séquoia à feuillage d’if. Un magnolia grandiflora en haut de la butte veille sur le petit bois de bouleaux et sapins importés de la forêt de Perthes (Marne).
Il se quitte en passant sous le grand chapiteau du grand saule pleureur, autre seigneur du lieu.
On longe les deux massifs du petit parc anglais où se mélangent liquidambar, saule crevette, goyavier du Brésil, néflier du japon, arbre à perruques, hydrangéas, un charme pleureur, voisin naturel et lacrymal de l’arbre aux mouchoirs (Davidia Involucrata).
Petit clin d’oeil minimaliste d’un Jardin Japonais au bout de ces massifs.
On profite de la vue et de la perspective de l’allée de chênes des marais à l’égal d’une nef de cathédrale végétale (« La nature est un temple…») avant que d’emprunter.
L’allée de la Naïade
C’est une allée transversale longeant la lisière du bois des fées et abritant la protectrice mythologique des sources et des fontaines. Un bel alignement partant d’un arbre de Judée intègre viburnum Farreri, hydrangea paniculata, viburnum plicatum et autres petits arbustes et conifères persistants : fusains, nandina nains, cryptomeria.
On revient sur ses pas pour entrer dans le petit bois des fées et des elfes. Ce petit bois, refuge du petit peuple des bois, est une création dans l’esprit de la forêt de Brocéliande : fougères, daphnés, fleur des elfes, hostas, rhododendrons, charme, bouleaux, bouleau pleureur, cèdre de l’Atlas. Les érables du Japon en nombre répondent aux pierres /rochers fantastiques des fées.
En quittant le sentier du petit bois on passe devant la demi-couronne de tilleuls, composée par un tilleul commun majestueux gardé par deux tilleuls de Mongolie. Elle ferme ou couronne une allée transversale du jardin à la française.
On arrive devant le massif jaune où les fleurs et feuillages exclus par goût des autres massifs ont trouvé refuge. Y sont accueillis au fil des saisons, jouant du jaune d’or au jaune citron, coronille des jardins, jonquilles, corète du Japon, hémérocalles, alchémilles, sauges de Jérusalem, millepertuis, potentilles, rosier Banks, cassia corymbosa senna. C’est aussi un hommage à la maison Jaune de Vincent Van Gogh à Arles.
La prairie au cyprès chauve
On emprunte le petit sentier en forme de croix latine pour traverser cette prairie laissée à la biodiversité et fauchée deux fois par an. Elle nous récompense au printemps par des tapis d’orchidées sauvages. A la croisée des chemins le gardien solitaire et majestueux de la prairie : le cyprés chauve ou cyprès de Lousiane.
On traverse l’allée toscane où s’alternent dans sa partie basse cyprès de Florence et nandinas, (bambous sacrés), pour découvrir le bosquet du miroir d’eau, en devenir, et matérialisé, en attendant, par 4 pots chinois turquoise accueillant des agapanthes blanches. Le miroir d’eau se découvrira par effet de surprise et par des passages en arc ménagés dans un mur de verdure de charmes.
On remonte l’allée toscane dans sa partie haute pour revenir par l’allée de la fontaine de vie, s’inspirant à la fois des jardins classiques à la Française et d’Alice au pays des Merveilles. On y est gardé par des roses sentinelles et observés par les deux lions de pierre sur leur promontoire gardant l’escalier par lequel on quitte la visite royalement.
En devenir avancé, le vallon de la mare, au bout de l’allée de chênes, d’expression « rousseauiste » et dans l’esprit rustique « la mare au diable ». En surplomb de la mare dans son futur écrin de graminées, deux saules tortueux. Lui faisant face le talus « impressionniste » mêlant plantes indigènes et persistantes organisées en symétrie et en tableau.